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« Silence, on tue dans mon pays » : le cri d’alarme de Mérédis Houmounou sur la crise humanitaire en RDC

Avant chaque match d'Orléans, Mérédis Houmounou s'affiche avec la main sur la bouche, avec deux doigts sur la tempe. Un geste qui dénonce la situation humanitaire catastrophique dans l'est de la République démocratique du Congo, envahi par la milice armée du M23 depuis le début de l'année 2025. L'arrière de l'OLB nous parle également de son implication dans la cause environnementale à Kinshasa.
« Silence, on tue dans mon pays » : le cri d’alarme de Mérédis Houmounou sur la crise humanitaire en RDC

Mérédis Houmounou souhaite alerter sur la situation à l’est de la République démocratique du Congo

Crédit photo : Cécile Thomas

Samedi 29 mars, 19h58, Palais des Sports de Marseille : assis sur le banc d’Orléans avant le match contre Fos-Provence (77-60), Mérédis Houmounou se lève pendant que l’hymne de la LNB retentit dans la salle. Deux doigts de la main gauche sur la tempe, main droite sur la bouche, la scène se répète inlassablement depuis la réception d’Aix-Maurienne le 1er février.

Un geste fort, symbolisant simultanément les violences physiques exercées sur la population de la République démocratique du Congo et le silence de la communauté internationale. Depuis le début de l’année 2025, l’est de la RDC a connu une résurgence dramatique du conflit armé qui sévit depuis de nombreuses années dans la région. Le 26 janvier, la grande ville de Goma est tombée entre les mains de la milice du M23, soutenue par le Rwanda, sur fond de trafic de minerais.

Depuis, la situation humaine est effroyable dans tout l’est de la République démocratique du Congo. Le bilan de 3 000 morts est vraisemblablement sous-évalué, tandis que près d’un million de personnes auraient été contraintes de fuir. Plusieurs ONG s’en alarment : lors de la seule semaine ayant suivi la prise de Goma, l’Unicef a recensé 572 cas de viols, dont 170 enfants. Des exécutions arbitraires, des violences, des enrôlements de force, des arrestations de leaders de la société civile plongent la population locale dans la peur. Un drame qui ne laisse pas insensible Mérédis Houmounou, l’arrière orléanais aux racines congolaises.

 

Mérédis, avant tous les matchs d’Orléans, vous effectuez un geste avec deux doigts sur la tempe et main sur la bouche. Pouvez-vous expliquer sa signification ?  

Déjà, il faut savoir que je suis originaire du Congo-Brazzaville, via mes parents. Par chance, grâce à eux et mes frères, j’ai la chance d’avoir appris mon histoire pré-colonisation et je ne fais aucune différence entre le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo (RDC) car on a la même culture, il y a des ethnies similaires. Ma femme est d’origine RDC, sa famille vient de l’est du pays, là où il y a eu des conflits récemment, elle a toujours des cousines et des tantes qui habitent sur place. Je dis que je viens du Kongo, avec un K : ce sont les trois Congo. À l’époque, c’était un empire avec Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa et Congo-Angola.

Ce qui se passe actuellement en RDC me touche particulièrement. Le signe que je fais avant chaque match est là pour rappeler les tueries qu’il y a dans l’est du pays, dans le Nord-Kivu et Sud-Kivu. C’est un signe qui montre que l’on en parle très peu. Cela veut dire : « Silence, on tue dans mon pays ». Depuis plus de 20 ans, il y a maintenant plus de six millions de morts, des enfants tués, des femmes violées, des familles déportées, et on en parle très peu. C’est un signe de solidarité, mais aussi pour alerter, pour que les gens qui se disent humanistes prennent leurs dispositions.

Le geste de Mérédis Houmounou, répété avant tous les matchs (photo : Cécile Thomas)

Vous avez évoqué votre histoire personnelle : quelle est-elle ? 

Mes parents sont nés au Congo-Brazzaville. Nous sommes des Bakongo, donc des Bantous : on retrouve des Bantous en RDC, au Congo, au Cameroun et ailleurs… Parfois, les jeunes Africains ne connaissent pas leur histoire, juste la colonisation et les frontières tracées par les occidentaux. Moi, je connais bien plus que ça. Je connais l’histoire du Royaume du Kongo, les rois et les reines qui y sont passés, la spiritualité d’avant, les ethnies, etc. Et je voyage ! Quand je traverse le fleuve Congo, et que je passe du Congo-Brazzaville au Congo-Kinshasa (du Congo à la RDC, ndlr), je vois les mêmes personnes, la même culture, les mêmes langues. C’est pour ça que je ne fais aucune différence entre les deux pays. Je connais ma personnalité, je suis quelqu’un d’engagé : par conséquent, j’essaye d’agir sur les deux pays, avec un projet familial d’agriculture au Congo-Brazzaville, où l’on vient d’acquérir une ferme avec mon père, et un projet de gestion des déchets au Congo-Kinshasa avec mon association (voir ci-dessous).

« Je ne comprends pas le silence et la complicité en France »

Pouvez-vous expliquer ce qui se passe depuis le début de l’année à l’est de la République démocratique du Congo ? 

En janvier, un groupe armé, le M23, qui sévissait déjà dans la région, est entré dans la ville de Goma, l’une des plus grandes villes du Nord-Kivu (782 000 habitants en 2024, ndlr). Il y a eu des affrontements entre l’armée congolaise et le M23, qui a finalement pris tous les points stratégiques et la quasi-intégralité de la ville de Goma. Il y a eu des tueries, des prisonniers évadés et les personnes vivant en paix là-bas ont dû quitter la zone. Le but du M23 est de mettre la main sur toute la région, sur tout le littoral (du lac Kivu) et toutes les grandes villes du Kivu. Il faut savoir qu’il y a énormément de matières premières là-bas (parmi les plus riches réserves minérales du monde avec, par exemple, 70% des réserves mondiales de cobalt, mais aussi d’importants gisements de cuivre, de diamants, d’or, de lithium, de pétrole et de gaz, ndlr) et leur but est d’avoir accès à toutes ces mines. Ils ont donc commencé par s’emparer de la plus grande ville. Cela touche tous les Congolais, et devrait toucher tous les Africains.

Comment réagissez-vous face à ces évènements ? 

J’ai la chance d’avoir une double culture. Tout ce qui se passe en France m’intéresse, et tout ce qui se passe au Congo m’intéresse. En France, nous avons été tous sensibilisés à la guerre en Ukraine. Nous sommes tous aussi sensibles à d’autres atrocités, comme au Moyen-Orient. De la même façon, je suis sensible à ce qui se passe en RDC. Sauf que malheureusement, on en parle moins que ces deux autres tragédies… Au-delà de ça, je trouve qu’il y a des choses qui sont tues. Peut-être que c’est diplomatique, et ça l’est sûrement d’ailleurs : aujourd’hui, le groupe armé M23 est financé et soutenu par le Rwanda (des accusations corroborées par différents rapports d’experts mandatés par l’ONU et plusieurs pays occidentaux, même si le Rwanda et le M23 s’en défendent, ndlr). Les Rwandais volent les ressources premières du Congo (un rapport des Nations unies publié en 2024 estime en effet que les rebelles auraient introduit clandestinement au Rwanda au moins 150 tonnes de coltan l’année dernière, ndlr), pour les faire passer par le Rwanda et les vendre. Depuis des années que l’on dénonce cela, même l’Union Européenne, le Rwanda a toujours démenti. Avec l’attaque de cette année, certains pays ont pris des sanctions à l’égard du Rwanda, comme la Belgique ou le Canada (ainsi que l’Allemagne ou le Royaume-Uni, qui ont tous suspendu leurs aides financières à Kigali, ndlr). Cela n’est pas forcément suffisant. Je ne comprends pas le silence et la complicité qu’il y a en France. Par rapport, il y avait un concert de solidarité censé être organisé le 7 avril pour les enfants qui souffrent (« Solidarité Congo », à Bercy, avec Gims, Youssoupha, Dadju et Gazo). C’est un concert pour la paix qui a été annulé par Anne Hidalgo et le préfet de police (Laurent Nuñez), pour cause de « trouble à l’ordre public », façon de dire (le concert a été reporté suite aux demandes de la ville de Paris et du préfet de police, en raison de la date de l’évènement, prévu le même jour que la journée internationale de commémoration du génocide au Rwanda, ndlr)…  Après les premières attaques, il y a eu des manifestations avec la présence de nombreux Congolais à Paris : beaucoup ont marché en ville, il n’y a eu aucun débordement. Là, on parle d’un concert pour la paix… J’ai pu lire que c’était sous pression de la diaspora rwandaise, car le 7 avril est la date commémorative du génocide au Rwanda. Mais vu que leur président certifie qu’ils ne sont pas derrière le M23, je ne comprends pas pourquoi ils devraient interdire une manifestation qui n’est pas contre eux, mais pour la paix…

Parfois, quand on est Français, quand on a été à l’école française, quand on a ces valeurs françaises de liberté – égalité – fraternité, quand on a réussi à apprendre des grands penseurs des Lumières, quand on vient d’un pays qui a véhiculé des valeurs des droits de l’homme et d’humanisme partout dans le monde, il faut être à la hauteur de ces choses-là. C’est dommage car on veut absolument les promulguer mais quand la diplomatie se met en place, cela disparait un peu… Le Rwanda a subi un génocide atroce en 1994 (entre 800 000 et 1 000 000 de Tutsis et Hutus modérés massacrés en un peu plus de trois mois, ndlr), beaucoup de Rwandais ont traversé la frontière vers la zone aujourd’hui en guerre et le Congo a recueilli ces Rwandais. Ils ont été pleinement accueillis, on leur a donné la nationalité congolaise plus qu’un statut de réfugié. Aujourd’hui, ce même accueil se retourne contre nous mais le Congo n’a jamais été un peuple de guerre. Maintenant que la RDC est agressée et demande de l’aide, on fait les sourds… Parce que nos réserves naturelles sont plus facilement prises quand on tourne le dos. Ce sont des millions de personnes qui en pâtissent. Quand on voit ce gâchis qui dure depuis 20 ans, qui s’intensifie même, et que beaucoup ferment les yeux… Prenez vos responsabilités !

Pour ce qui est de la RDC, il faut aussi pointer du doigt le manque de structures, l’instabilité politique, les conflits d’intérêts, parfois même la corruption. C’est une vérité. Maintenant, ça n’expliquera jamais le reste. Il faut que les gens puissent entendre le discours du Docteur Mukwege, qui a été prix Nobel de la paix, qui vit dans cette région depuis des années et passe son temps à réparer des femmes qui se font violer à coups de mitraillettes. Il parle lui-même de vagins complètement détruits. Il y a des enfants qui se font enrôler en tant que soldats.

« J’avais besoin de faire ce geste »

Ce geste d’avant-match, d’où vient-il ? 

Il a déjà été fait par d’autres personnes. À la CAN, l’équipe de foot de la RDC l’avait fait et cela avait fait parler. C’est un geste qui remonte à longtemps. Personnellement, je l’ai fait car j’en ressentais le besoin. J’avais besoin de m’exprimer, besoin d’avoir une pensée avant de rentrer sur le terrain.

C’est aussi bien pour sensibiliser quand on est vu par 10 000 personnes parfois à Orléans…

(il sourit) C’est ça. Quand on est à mon petit niveau, on se doit d’être un exemple. Il faut savoir prendre position. Je ne suis pas pour la division, je suis vraiment pour la paix. Mais je pense aussi qu’il faut savoir prendre ses responsabilités et assumer ses valeurs. Ça, ce serait bien que Madame Hidalgo le fasse aussi. Quand on est dans le social, qu’on aime la paix, il faut savoir dire « Non, c’est non ! » Juste parce qu’on a des valeurs, et pas parce que c’est diplomatique, ou qu’il y a de l’argent en jeu.

Avez-vous eu des retours à ce sujet ? 

Des personnes m’ont demandé ce que ça voulait dire, d’autres qui savaient. Il y a des gens de la communauté congolaise qui m’ont vu le faire et qui sont spontanément venus me remercier. Cela permet d’avoir une discussion derrière, d’expliquer parfois. Mais je ne l’ai pas tant fait dans ce but-là, c’est juste que j’en ai ressenti le besoin.

« La LNB n’a pas pris les mêmes dispositions que pour l’Ukraine »

Quid de la communauté basket ? 

Je n’ai pas eu de retour, et je ne cherche pas à avoir des retours d’autres basketteurs. Chacun prend ses décisions. Mais il y a beaucoup de joueurs d’origine congolaise en LNB. Lorsqu’il y a eu la guerre en Ukraine, la ligue a pris un parti, qui était honorable (solidarité envers l’Ukraine sous diverses formes : drapeau, tifo, couleurs jaune et bleu, message “Stop the War”, minutes d’applaudissements, ndlr). J’ai joué avec un joueur ukrainien, Denys Lukashov, à Nancy (arrivé au SLUC six semaines après le début de la guerre en 2022, ndlr) et on a tous vu le traumatisme qu’il avait. Bien sûr qu’on ne pouvait pas faire grand chose, mais on l’a accueilli du moins que l’on pouvait. Au-delà de son seul cas, la LNB a pris une position et on l’a tous compris. Or, il n’y avait pas de joueurs ukrainiens à l’époque en LNB (Vyacheslav Bobrov à Nanterre, Viacheslav Petrov à Antibes et Denys Lukashov à Nancy sont arrivés après le début de la guerre, ndlr). Cette fois, le seul constat est que la ligue n’a pas pris les mêmes dispositions… Quand on joue au basket, on véhicule des valeurs. On a réussi à véhiculer ces valeurs pour certains, il faudrait le faire pour tous. C’est tout. Après, il ne faut pas s’étonner que certains ne veulent pas faire les choses car ils se sentent délaissés. Après, je peux comprendre qu’ils n’étaient pas au courant vu qu’on n’en parle pas beaucoup !

Engagé dans le traitement des déchets à Kinshasa

Autre sujet, toujours lié à la République démocratique du Congo : vous avez lancé à Kinshasa votre association, Sikalobi, avec laquelle vous intervenez sur la gestion des déchets… 

Il faut savoir que Kinshasa est devenue l’une des villes les plus sales du monde (environ 10 000 tonnes de déchets solides produites quotidiennement, ndlr). Notre but avec Sikalobi est de faire de la prévention, de la sensibilisation au niveau de la prolifération des déchets, terrestres ou maritimes. On a un livre éducatif que l’on a créé avec l’organisation Happy Green World, pour que les enfants apprennent comment trier les déchets, l’importance du tri, les vertus de ne pas voir les déchets traîner dans la rue. On a aussi un livre d’activité à faire avec les professeurs. Pour le moment, on ne travaille qu’avec une seule école, on a une cinquantaine de livres et on espère pouvoir en imprimer plus, afin de recevoir l’aide d’autres professeurs et d’autres écoles.

Le fascicule distribué par l’association Sikalobi à quelques jeunes écoliers de Kinshasa

On effectue aussi des marches vertes avec des jeunes de quartier pour nettoyer les rues. Bientôt, on espère pouvoir nettoyer quelques points d’eaux : il y a beaucoup de canalisations ou de rivières qui sont souillées. Il faudrait mettre des barrières flottantes pour tout ramasser. Le problème est qu’on n’a pas le droit de stocker les déchets à Kinshasa. On est obligé de les ramener dans les zones de décharges sauvages. Il y a des pousse-pousseurs, des personnes avec des petites brouettes, qui viennent récupérer les déchets. Notre but lors des actions est d’essayer d’activer toutes les parties-prenantes : impliquer les jeunes et faire travailler les pousse-pousseurs. Ils prennent les déchets que l’on a nettoyés et les amènent dans les zones ouvertes de déchets, ça leur fait une petite somme d’argent. Notre vrai objectif est de développer un centre de tri pour tous les types de déchets. Mais là, ce ne serait plus une association, plutôt une vraie entreprise. Le fait de trier les déchets, les transformer et les valoriser nécessite des autorisations que l’on ne peut pas avoir en étant une association. C’est un projet déjà ficelé. On cherche les financements pour y arriver et le jour où on les aura, on pourra développer ça. On a beau multiplier les marches vertes, on ne peut pas se permettre de jeter les déchets dans les endroits qu’on essaye justement d’éradiquer. J’espère que cette entreprise verra le jour rapidement.

Un pousse-pousseur avec les déchets ramassés par Sikalobi

À quel point est-ce un enjeu majeur à Kinshasa ?

C’est un très gros problème, bien plus à Kinshasa qu’à Brazzaville, donc c’est pour ça qu’on a commencé là-bas. Dans les zones tropicales, il y a la saison sèche et la saison des pluies. Pendant cette dernière, la ville se retrouve inondée et il y a des gens qui meurent pour plusieurs raisons : par les maladies qui sont véhiculées par l’insalubrité ou par noyade, avec des montées des eaux qui sont énormes puisque les canalisations sont bouchées à cause des déchets. On aimerait cibler un quartier : pouvoir mettre notre action en place dans ce quartier, dans les écoles, effectuer le nettoyage des rues, des canalisations, créer un centre de tri à proximité et donner envie à d’autres de venir faire la même chose sur d’autres endroits.

« Un projet qui me tient à cœur : le Congo est l’un des poumons du monde »

Vous ne venez donc pas répondre à une fibre écologique déjà présente personnellement en France, plutôt à un besoin sur place ? 

C’est ça. Je ne connaissais pas grand chose en écologie mais ça m’a frappé à force de voyager. Cela remonte à la période où Greta Thunberg faisait beaucoup de discours. Pendant le Covid, je n’avais pas grand chose à faire et j’ai réfléchi aux projets que je voulais mener. J’ai commencé à faire énormément de recherches – je parle de plusieurs années – avant de me lancer, car je voulais bien faire. Il fallait savoir ce qui était viable et acceptable en Afrique, ce qui se faisait déjà, etc. Après, il fallait trouver le temps de le lancer. On a eu le soutien de plusieurs rudologues (ingénieur en gestion des déchets, ndlr) qui nous ont aidé à modeler notre projet, qu’il fallait adapter à la réalité de Kinshasa. Avec mon partenaire Nixon Mboyo, on a beaucoup travaillé dessus et on s’est décidé l’année dernière à lancer les choses, d’abord par l’association. Pour nous, l’éducation civique est primordiale, étant donné que la moyenne d’âge du pays est très jeune. Si l’on arrive à faire évoluer les mentalités, on pourra amorcer un changement. Ce n’est que le début mais c’est déjà quelque chose de très compliqué.

Montagne de déchets à Kinshasa

C’est donc un projet voué à s’accélérer à la fin de votre carrière sportive…

Je l’espère, vu que j’aurai plus de temps et de disponibilité. C’est vraiment un projet qui me tient à cœur : le Congo est l’un des poumons du monde, avec l’une des plus grandes forêts de la planète. C’est important d’avoir une fibre écologique dans ce pays si l’on veut améliorer la conditions des locaux et avoir un impact durable sur le reste du monde. Ça me frappe quand on nous dit qu’il faut trier les déchets, qu’il faut faire attention à la pollution des voitures, etc. Au quotidien, je pense qu’on saoule les Français avec ça et qu’ils se disent qu’ils font le nécessaire. Mais le changement climatique continue. J’ai la chance d’avoir une double nationalité et de voir les deux côtés. Ce que l’on fait en France est bien, et il faut même s’améliorr. Mais au Congo, c’est plus difficile… Si j’ai la possibilité d’aider, pourquoi ne pas le faire ?

« Arrêtons les morts déjà ! » 

La guerre affecte-t-elle les activités de Sikalobi ? 

Pour le moment, cela ne change pas grand chose car les villes sont vraiment très loin. Mais c’est sûr que du point de vue entrepreunarial, cela devient plus compliqué d’obtenir les autorisations car tout le monde est tourné vers la guerre. Mais on a toujours des bénévoles pour les tournées, toujours le même collège avec qui on est en contact.

L’association Sikalobi a déjà organisé plusieurs marches vertes à Kinshasa

Arrivez-vous encore à rester optimiste pour l’avenir du pays ? 

Je suis toujours quelqu’un d’optimiste. Après, est-ce que je connais tous les tenants et aboutissants des négociations, des forces en présence ? Je ne sais pas. Je sais qu’il y a un « cessez-le-feu » et c’est déjà une grande chose. Au-delà du fait de récupérer nos territoires, nos matières premières et ainsi de suite, arrêtons les morts déjà. Au début, je n’ai quasiment pas dormi pendant 2-3 nuits, parce que je savais ce qui se passait. Le fait de savoir qu’il y aura moins de morts grâce au cessez-le-feu est déjà une avancée. L’avenir nous dira si j’avais raison mais il faut être positif. Il faut y croire.

Commentaires


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jeildo
Article très intéressant et instructif ! C’est bien que les joueurs s’engagent comme ça, cela devrait mis plus en avant.
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macroy- Modifié
J'ai souvent été dur avec ce site mais, cette fois, je rends vraiment hommage @ bebasket pour cette large couverture sur le massacre des congolais par le Rwanda de Kagamé pour le pillage des ressources naturelles du Congo. Tout cela dans le silence assourdissant des médias français !!! Une preuve de plus de l'information a géométrie variable dans ce pays. Qui donne,au minimum, a réfléchir..
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cambouis
Bravo à lui et à bebasket
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