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Fos en perdition, les mots forts de Rémi Giuitta : « J’ai failli arrêter en février »

Lanterne rouge du championnat, Fos-Provence truste les bas-fonds de Pro B pour la deuxième saison consécutive, après avoir évolué en Betclic ÉLITE entre 2021 et 2023. Alors que les BYers restent sur 20 défaites en 23 rencontres, dont 10 consécutives, l'entraîneur Rémi Giuitta s'alarme devant le manque de révolte de son équipe.
Fos en perdition, les mots forts de Rémi Giuitta : « J’ai failli arrêter en février »

Pour la deuxième année consécutive, Fos et Rémi Giuitta vivent une saison galère

Crédit photo : Cécile Thomas

Rémi, en conférence de presse après votre défaite contre Orléans (60-77), votre joueur Vincent Vent a dit que l’équipe n’avait pas tout donné. C’est un discours qui surprend pour un dernier à neuf journées de la fin…

Voilà, tout est résumé. C’est pour ça que j’étais très en colère dans le vestiaire. On a beau leur dire tous les jours, je n’ai pas le sentiment qu’ils prennent la mesure de l’urgence. Je ne vois pas de révolte, c’est ce qui m’inquiète et qui m’indigne. La qualité de jeu n’est malheureusement pas là, il y a du doute, on fait 3/22 à l’extérieur de la raquette, on loupe 10 lancers-francs, 10 tirs intérieurs… On a nos deux meneurs (Lucas Bourhis et Jonathan Cissé) qui ne poussent même pas pour jouer une contre-attaque. On joue avec le frein à main et la boule au ventre. À la limite, je veux bien les excuser un peu là-dessus car ce sont les stigmates d’une équipe en perte de confiance.

Par contre, on doit se révolter. Il ne doit pas y avoir des lay-ups (aussi faciles pour Orléans). On doit sortir la boîte à gifles ! Il n’y a jamais un sale coup, un bump qui fait mal à quelqu’un… Je ne vais pas faire une Laurent Sciarra mais on est des gentils (il le répète). C’est ce qui m’indigne car j’ai plein de défauts, mais pas celui-là. Je déteste ça ! On cherche beaucoup de solutions mais tout ça n’existera pas tant qu’on n’aura pas les ingrédients d’une équipe de base qui joue sa survie. J’aimerais savoir qui vient dans le vestiaire vendredi pour aller à la guerre contre Chartres. Il m’en faudra cinq.

« On ne battra personne avec ce tempérament-là ! »

On sent un manque d’âme, de solidarité, dans cette équipe… 

Aussi. Je l’ai dit au petit Lucas (Bourhis). Il est sous le panier, son coéquipier est battu : eh bien tu y vas et tu mets le corps en opposition ! On est payé cher pour faire des passages en force, c’est pas grave si on prend un coup ! Mais non, on laisse le mec marquer un lay-up. Il y a plein d’autres actions comme ça. Orléans démarre le troisième quart-temps en ne mettant que des lay-ups alors qu’on a des fautes à donner. Même faire une faute, c’est dur dans le basket ?! Si je rentre sur le terrain, je ne saurais pas faire grand chose, mais une faute oui, je saurais faire ! Une faute autoritaire, pour dire « pas de panier facile ici ! »… Si on ne change pas ça, on est déjà mort…

Les largesses défensives de Fos en début de deuxième mi-temps samedi contre Orléans (photo : Cécile Thomas)

Y-a-t-il encore le temps de changer de ça ? 

C’est la bonne question.

En l’état, cette équipe n’est-elle pas simplement trop faible pour se sauver ? 

Je me pose des questions depuis longtemps. J’assume mes responsabilités, c’est moi qui ai fait cette équipe. La seule chose que je n’assume pas, c’est le manque de résilience, de combativité. Je veux bien assumer leur maladresse aussi, ça c’est pas grave. Par contre, quand il y a des ballons au sol et qu’on ne plonge pas, ça non… Orléans est premier du classement et à +20, ils plongent. Nous, on hésite à y aller, on dirait qu’on est précieux. Après, on ne va plus se cacher qu’il n’y a plus Robert Turner III, qui lui avait ce tempérament, malgré d’autres défauts. Mais je pense qu’on a des joueurs qui ont un peu d’expérience et qui pourraient au moins amener du vice. On n’a même pas ça ! On se fait arbitrer comme des Espoirs, on est des agneaux mais ce n’est pas un hasard. Quand un adversaire prend la balle, il doit se retrouver face à cinq mecs qui froncent les sourcils et il devrait se demander s’il va se faire arracher la tête. Mais non, pas du tout, et ils y vont ! C’est une dinguerie !

À la décharge de mes joueurs, on aurait peut-être perdu même en faisant un match parfait puisque l’on jouait Orléans. Jouer le premier, c’était un match bonus pour nous. Sauf qu’avec ce tempérament, on ne battra pas Chartres ou Évreux. Et là, ce ne sont plus des matchs bonus, mais des matchs qui comptent double. C’est malheureux mais on ne battra personne avec ce tempérament-là ! À part Mathieu Wojciechowski qui est dans la révolte, on baisse la tête dès qu’il y a un truc qui ne va pas. Il faut presque arrêter de réfléchir : vous voulez qu’on fasse quoi ?! On est derniers. Ça n’existe pas en dessous de dernier ! On ne peut pas aller plus bas… Pour ça que je dis aux meneurs, Bourhis et Cissé, de pousser la balle. De toute façon, on perd 17 ballons par match. Qu’on les perde en sprintant au moins !

Jonathan Cissé était le MVP du championnat chypriote. Mais pour l’instant, on voit surtout que la Pro B n’est pas Chypre…

C’est ce que je lui ai dit ! Après, j’avais le choix entre lui et… lui. Donc il était vite fait ! Ce n’est pas que je l’ai fait à contre-cœur car il a des qualités. Mais c’était le risque d’un rookie dans cette situation-là. Mais ayant trouvé Christian Eyenga, je ne voulais pas un autre joueur d’expérience qui revienne tout expliquer à tout le monde. Je voulais quelqu’un qui mette de l’énergie, de la fougue, de l’insouciance. Et au final, il se met à gamberger plus que les autres ! En première mi-temps, le problème, c’est qu’il va au suicide dans la raquette donc on doit mieux l’accompagner. C’est notre responsabilité, à nous les coachs et les joueurs cadres, de le calmer, de le guider. Personne ne lui parle. Il fait des conneries, il s’excuse mais c’est un gamin. Nous, on a besoin qu’il pose le cerveau et qu’il court, qu’il amène de la folie, comme Bourhis !

Jonathan Cissé est dans le dur depuis son arrivée à Fos (photo : Cécile Thomas)

La saison était pourtant bien partie, contrairement à l’année dernière. Quand a-t-elle déraillée ? 

À partir du moment où l’on a perdu l’effectif du début. En fait, on a fait une super prépa, elle était presque tellement bien qu’on a plongé plus bas que l’année dernière quand ça s’est arrêté… On était parti tellement haut avec une dynamique de groupe, de travail, d’intensité. On avait tous les ingrédients. Personnellement, je sortais d’une année galère, avec un retour qui n’était pas prévu. Et je me suis dit : « Ouf, ça y est, je me retrouve dans cette équipe ! Je me retrouve dans ce qui nous a fait mettre des bannières dans la salle, dans tout ce qui nous a fait sur-performer ces années-là. » Et derrière, deux blessés, un troisième, Petit Niang qui a mal et ne s’entraîne pas, Turner qui a commencé à rentrer dans ses travers. Et on est rentré dans une spirale négative qui nous a vraiment fait plonger. Il n’y a pas un joueur qui est venu nous sortir la tête de l’eau : Brandon Young est arrivé d’une situation compliquée en Turquie et il était éteint complet, Robert Turner s’est éteint aussi. Qui va les tirer ?! Nous, on essaye d’être positif mais ce n’est pas facile de l’être dans ce contexte.

« Après Chartres, je pourrais dire dans quelle division on évoluera »

Justement, avec tous les évènements récents, avez-vous encore de l’énergie ? 

Je me suis posé beaucoup de questions en février où j’ai failli arrêter. Ce sont les joueurs eux-mêmes qui m’ont dit : « Non, il faut absolument… » (il s’interrompt) Depuis, j’ai dit au club que je ne veux plus entendre de rien, pour mettre toute mon énergie sur le terrain car la priorité est là. J’essaye d’en avoir. Sincèrement, j’en ai, mais dans la limite de ce que je peux faire un coach. J’ai beau sortir un fouet, gueuler, les insulter… C’est quoi l’étape d’après ? Mais je suis aussi là pour leur donner de la confiance car les mecs sont dans le trou. Je veux quand même qu’ils me donnent ce sentiment de révolte. C’est une dette qu’ils ont envers le club et moi. Je préfère avoir dix joueurs à calmer que devoir les fouetter pour qu’ils s’engagent. Surtout pas dans cette situation-là ! À l’entraînement, je hurle pour qu’ils se parlent. Une équipe qui ne communique pas, on dirait une équipe qui ne s’aime pas. C’était vrai l’année dernière pour beaucoup de mecs, mais pas cette saison. C’est juste que les mecs baissent la tête ! Des fois, c’est pire…Ce qui me frustre, c’est qu’on a eu cette réaction à l’ASA, sans deux Américains. On avait fait un match très qualitatif (défaite 80-86 le 14 mars).

Vendredi, vous jouez une partie de votre avenir contre Chartres, l’autre relégable… 

Je pense que ce match va en dire long sur notre fin de saison. Pas que comptablement… Dans les comportements, je pourrais vous dire dans quelle division on jouera l’année prochaine, peu importe le résultat. Même si les résultats commencent à être importants… On verra bien dans l’attitude et le comportement.

La déception des Fosséens après le match contre Orléans (photo : Cécile Thomas)

Commentaires


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coquio86- Modifié
CA SENT MAIS CA SENT VRAIMENT PAS BON!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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mick7142
Quelle fosse ? Vous y êtes bien allés vous à Poitiers, et sans déshonneur ; la preuve, regarde où vous vous situez aujourd'hui, et c'est bien, mais vous n'êtes pas encore champions du monde ni de France,et pour ça, il faudra encore que beaucoup d'eau coule sous le pont du Clain. Tout le meilleur à toi !
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dem7- Modifié
Lucas bourhis a une sacrée carrière en pro B après Rouen Quimper lille ( même si eux c'était pas sportif ) maintenant fos Attention celui qui le recrutera la saison prochaine C'est un bon joueur à n'en pas douter et encore jeune mais pas un leader... S'il parvient à s'affirmer sur le terrain il passera un cap
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